Francesco Careri, architecte italien, est un membre fondateur depuis 1995 du laboratoire d’art urbain Stalker / Observatoire Nomade, avec lequel il expérimente des méthodes d’intervention créative dans la ville informelle et multiculturelle de Rome sous forme d’études et de projets tout d’abord au Campo Boario (ex-abattoir) puis à Corviale sur les micro-transformations faites par les habitants. Depuis 2006, il est titulaire du cours « Art Civique » du département d’architecture de Rome 3, un cours optionnel et entièrement itinérant, pour analyser et interagir in situ avec les phénomènes émergents en milieu urbain. En 2012, il devient directeur du master « Art Architecture Ville », toujours à l’université romaine, et coordonne le master « Politique de la Rencontre et Médiation Culturelle ». Il a publié Constant. New Babylon, una città nomade et Walkscapes, la marche comme pratique esthétique.

 

 

 

 

 

 

Francesco Careri / Eprouver le territoire

 

En 1994, à Rome, l’architecte italien Francesco Careri crée avec un groupe d’artistes et d’architectes, Stalker, un laboratoire d’art urbain puis ils mettent en place l’Observatoire Nomade. Ce groupe développe une réflexion sur le territoire urbain en pratiquant des « dérives urbaines », véritables traversées des creux de la ville. Sous le terme de « territoires actuels », ils envisagent une perception de l’espace qui engage autant le corps (la marche, le franchissement ou le contournement des obstacles) que l’esprit (la mémoire des lieux traversés, la perception de leur utilisation sauvage). Ils ont pour but de redécouvrir, définir et comprendre les marges et les friches des métropoles contemporaines. Ils reprennent d’une certaine manière le principe de la psychogéographie défini par Ralph Rumney, et repris par Guy Debord. Dans le cadre de « Mémoire à l’oeuvre », Francesco Careri a dirigé un workshop autour de la question du territoire. Il a emmené un groupe d’étudiants à la découverte du quartier de Monclar où l’école allait déménager en juin 2013. En l’arpentant physiquement au fil de longues marches, ils ont exploré, éprouvé et analysé les spécificités de ce quartier populaire mixant des populations  d’origines diverses et la richesse d’un territoire ou les friches côtoient les nouveaux programmes d’urbanisation. Cette expérience a été entièrement documentée par les étudiants et transmise par un film documentaire, une réalisation sonore artistique et une installation vidéo, autant d’expériences visuelle et subjective de leurs errances géographiques.