Tadashi Kawamata. Formé aux Beaux-Arts à l'université de Tokyo, il sème ses œuvres - éphémères pour la plupart - aux quatre coins du monde, avec des constructions éphémères en bois, érigées au cœur de métropoles telles que New York ou Tokyo. Tadashi Kawamata est bâtisseur d'une mémoire collective lorsqu'il intervient sur une église détruite durant la Seconde Guerre mondiale, et éveilleur de nouveaux points de vue avec ses passerelles ludiques. Relier un centre-ville à un espace de réinsertion, un musée d'art contemporain à un quartier ancien, ou encore un épisode du passé à un paysage actuel, le travail de l'artiste consiste essentiellement à créer des ponts parmi les différents contextes sociaux. Professeur aux Beaux-Arts à Tokyo puis à Paris, Tadashi Kawamata se voit nommé directeur artistique de la deuxième Triennale de Yokohama en 2005. 

 

 

 

 

 

 

Tadashi Kawamata / La persistance de l’œuvre et la relativité des matériaux

 

Tadashi Kawamata a été invité au domaine du Château d’Avignon en 2009 pour présenter un projet d’interventions artistiques pérennes qui se déploiera à terme sur l’ensemble du territoire du parc régional naturel de la Camargue. Plusieurs étudiants pourraient participer à ce chantier activement à travers l’étude des conditions de la durabilité des installations que l’artiste va construire dans ce milieu naturel. L’emploi comme matériau principal du bois pour bâtir ces belvédères et autres passerelles au cœur du paysage camarguais soulève de nombreuses questions quant au statut des matériaux dans l’œuvre. Pour Kawamata, inscrit dans la tradition japonaise, les matériaux utilisés dans la construction de ses propositions sont interchangeables à volonté comme c’est le cas dans la perpétuation des temples au Japon. L’artiste doit-il privilégier des matériaux traités et optimisés en vue d’assurer leur résistance dans le temps ou bien délibérément faire appel à la vigilance des personnes ou de la communauté en charge de la maintenance de l’œuvre ? Ce geste d’attention constitue-t-il une forme d’appropriation de l’oeuvre ? Comment garder et transmettre cet aspect immatériel du travail et de la démarche dans le temps ? Les « cabinets de projet » que propose l’artiste sont-ils une solution ?